09/08/2018: Communiqué du EU DisinfoLab

Ce mercredi 8 août, nous avons publié notre étude sur l’influence des comptes Twitter hyperactifs sur l’affaire Benalla. Cette dernière a occupé le devant de la scène médiatique durant plusieurs jours et a donné lieu à une activité exceptionnelle sur les réseaux sociaux, notamment sur Twitter. Dans un moment de grande intensité du débat public, l’objet de notre étude était donc de tenter d’étudier et d’identifier les mécanismes de désinformation ou de manipulation volontaire éventuelle de l’information.

Nous sommes surpris et profondément désolés des réactions qui suivent la publication de notre étude.

Notre association et notre travail sont non-partisans. Les bénévoles qui interviennent en son sein ont des préférences politiques diverses, mais à aucun moment elles n’interfèrent dans le travail d’étude que nous entreprenons.

Nous avons été surpris par la médiatisation de notre travail, aussi par son détournement et sa récupération politique. A titre d’exemple, nous n’avons jamais parlé d’une quelconque ingérence de l’Etat Russe dans la création de l’Affaire Benalla, ni de l’utilisation massive de “bots russes”.

Nous vous invitons à lire minutieusement notre étude ici.

Nous avons été accusés de manipuler des données. De ne pas avoir de méthodologie sérieuse. D’avoir utilisé ce fichier à des fins de fichage politique.

La publication des données brutes de l’étude a été réalisée afin de répondre aux nombreuses demandes publiques de transparence. Ces demandes ayant été satisfaites, nous avons procédé aux diligences nécessaire auprès de Free (l’hébergeur de ces données) pour en obtenir la suppression.

Un grand nombre de personnes se sont senties fichées. Nous ne l’avions pas du tout anticipé en rendant ces données publiques.  Nous sommes sincèrement et profondément désolés et nous en tirerons toutes les leçons.

L’étude publiée repose sur une base légale. Elle est fondée sur l’exercice du droit à la liberté d’information et du droit du public à l’information, ce qui constitue un intérêt légitime au regard du RGPD et ne nécessite donc pas de recueillir le consentement des personnes concernées.

Notre étude s’inscrit aussi dans l’exception prévue par le RGPD selon laquelle il peut être fait exception à l’obligation d’informer les personnes concernées si cela est nécessaire pour concilier le droit à la protection des données et à la liberté d’expression et d’information.

Nous avons publié nos données brutes avec notre méthodologie pour que tout soit vérifiable. Nous avons aussi reçu des demandes publiques très explicites de partage de données de recherche afin de vérifier nos analyses (vous le vérifierez par vous-mêmes ici, ici et ici) et nous avons répondu à cette demande de transparence.

Notre méthodologie est-elle à parfaire? Oui, bien sûr. L’analyse des phénomènes sur les réseaux sociaux est une discipline récente et mouvante. Nous remercions d’ailleurs tous les commentaires constructifs visant à alimenter notre réflexion, par exemple en donnant différents poids d’influence entre tweets et retweets. Nous avons évoqué le terme “russophile” sans l’expliquer, ce qui était une erreur. Ici encore, nous vous invitons à lire la méthodologie décrite dans l’étude.

Nous voulons contribuer au débat, faire vérifier nos résultats, comprendre les mécanismes qui s’opèrent et en discuter.

Le EU DisinfoLab garantit le droit d’accès aux données et fera droit aux demandes d’effacement légitimes dans le cadre du RGPD à cette adresse : droitdacces@disinfo.eu.

 

Qui sommes-nous ?

Le EU DisinfoLab est une association créée par trois personnes pour contribuer à nourrir les réflexions sur cet enjeu démocratique majeur. Décrypter les fausses informations, comprendre leur amplification, soutenir les journalistes et les fact-checkers constituent ses missions.

 

Qui nous finance ?

L’indépendance c’est de pouvoir analyser en toute liberté les mécanismes qui nous semblent relever de notre mission. Cette liberté doit à la fois être opérationnelle et financière.

* Twitter : à la suite des manipulations survenues pendant la campagne américaine de 2016, et qui impliquait l’achat de publicités par Russia Today et Sputnik, Twitter s’est engagé le 26 octobre 2017 à redistribuer les 1,9 millions de dollars vers des organisations luttant contre la désinformation. À ce titre, le EU DisinfoLab a reçu $125 000 en janvier 2018.

* Open Society Foundations : dans le cadre d’un projet conçu par l’équipe du EU DisinfoLab au mois de septembre 2017, le EU DisinfoLab a reçu 25 000$ pour observer les phénomènes de désinformation pendant la campagne législative italienne de mars 2018. Le rapport de cette étude est disponible sur le site du EU DisinfoLab